Le défi de lexport
Exporter est une nécessité économique. Les pouvoirs publics et les Chambres de commerce et dindustrie rassemblent leurs énergies pour convaincre les entreprises, et surtout les PME, de se développer à linternational.
Le Finistère compte dores et déjà de belles réussites.
En lançant sa gamme de mesures « Cap export », Christine Lagarde, ministre déléguée au Commerce extérieur sest donnée un objectif : 50 000 exportateurs de plus au niveau national. Car, « la croissance du commerce mondial est source de développement pour nos entreprises et demplois nouveaux », rappelle-t-elle. À léchelle départementale aussi, les énergies institutionnelles sont mutualisées pour convaincre les PME de se lancer dans laventure du commerce international.
Contexte favorable
Cest particulièrement vrai en Finistère : « Les entreprises finistériennes ont la chance dêtre très bien accompagnées pour leurs démarches à lexport, constate ainsi Fabien Le Roux, directeur régional du commerce extérieur, basé à Rennes. Le Conseil général du Finistère est ainsi le seul à avoir mis en place un dispositif dincitation et de soutien. Les trois CCI du département sont par ailleurs parmi les plus actives de Bretagne sur ce sujet. Le contexte est donc plutôt favorable. Et de fait, les résultats sont encourageants. » Le Finistère réalise 27 % des exportations bretonnes (et 22,6 % des importations), ce qui le place en seconde position derrière lIlle et Vilaine. Une performance à relativiser toutefois, la Bretagne nétant pas une grande région exportatrice.
Les derniers chiffres du commerce extérieur finistérien* (quatrième trimestre 2004 et trois premiers trimestres 2005) établissent à un peu plus de 2 milliards deuros la valeur des exportations réalisées sur cette période et à 1,7 milliard deuros la valeur des importations. Des chiffres en augmentation par rapport aux années précédentes. Un bon signe. À limage du commerce extérieur français, cest avec les voisins européens que le Finistère fait le plus daffaires : 66,7 % des exportations se font vers lEurope. Viennent ensuite lAfrique 9,2 %, lAmérique 8,6 %, lAsie 8,2 % et le Proche et Moyen Orient 6,6 %. Les meilleurs clients du Finistère sont lAllemagne, le Royaume-Uni et la Belgique. « Comme cest le cas au niveau national, les entreprises finistériennes sont trop présentes dans des zones de faible croissance et pas assez dans les deux zones de fort développement que sont la Chine et lAmérique du Sud », regrette Fabien le Roux.
Ce sont les biens déquipement que nos entreprises exportent le plus (38,4 % des marchandises vendues à létranger) : « Des équipements mécaniques, dont des armes et munitions, et des équipements électriques et électroniques, dont des moteurs et génératrices », précise le directeur régional du commerce extérieur. Les exportations dans ce secteur dactivité sont en constante augmentation. Viennent ensuite les produits des industries agricoles et alimentaires (33,7 %) et notamment les viandes, peaux et produits à base de viande. Mais ce secteur est fragilisé par la concurrence, venant en particulier des pays émergeants de lUnion européenne et du Brésil pour la volaille. Les biens intermédiaires arrivent en troisième position avec 15,8 % des exportations, concernant pour la moitié des produits en bois, papier ou carton.
« Quand on analyse bien ces chiffres, on se rend compte que lactivité internationale du Finistère est très concentrée, fait remarquer Fabien Le Roux. Une part très significative du chiffre daffaires à lexport est réalisée par une poignée dentreprises : SDMO pour les biens déquipement, les Papeteries de Mauduit pour les biens intermédiaires, Doux, la Sovetco, Tilly-Sabco pour lagroalimentaire, et encore Fleetguard et Bolloré
Doù lintérêt de porter le message pour faire émerger dautres exportateurs. » Il faut ajouter à ces « poids lourds », des entreprises emblématiques qui portent loin limage du département comme Hénaff, Savéol, Armor Lux, Henriot ou Guy Cotten, ainsi que des réussites exemplaires comme celle de la SA Rolland (crèmes glacées Flipi), élue meilleure exportatrice franco-britannique de lannée 2005.
Du temps, de largent, de la patience
À en croire les entrepreneurs qui ont fait le choix de lexport, la démarche demande beaucoup defforts. Mais elle est souvent récompensée par des opportunités de développement, des expériences enrichissantes pour les hommes et pour les entreprises qui gagnent à se confronter aux marchés internationaux. Le tissu économique finistérien révèle de beaux exemples dans des secteurs dactivité très variés : de lindustrie agroalimentaire à la culture, en passant par le nautisme, lenvironnement, la logistique
Martine de Saint Jan
*Ces chiffres, communiqués par les Douanes, doivent être observer avec prudence car ils ne rendent pas tout à fait compte de la réalité. Les statistiques douanières ne comptabilisent comme exportations finistériennes que les marchandises qui partent du territoire. Or, beaucoup transitent par des ports extérieurs au département. De même, certaines exportations dentreprises présentent sur le Finistère sont comptabilisées dans les chiffres dun autre département où se trouvent leur siège