Institut de formation par alternance consulaire : lapprentissage a la cote
Depuis près dun quart de siècle, Lambézellec se fait
le berceau de centaines de jeunes finistériens qui ont fait le choix de lapprentissage. Chaque année, lIfac accueille ainsi 1 600 apprentis.
Coiffure, esthétique, mis aussi carrosserie, peinture, métiers de lhôtellerie ou même de la pharmacie
Dans les vastes locaux de lInstitut de formation par alternance consulaire de Brest, géré par la Chambre de commerce et dindustrie de la ville, pas moins de 43 diplômes professionnels sont disponibles, et préparés chaque année en moyenne par quelque 1 600 jeunes issus de tout le département.
Une offre en adéquation avec les besoins des entreprises
Ouvert en 1981, létablissement na de cesse de mieux répondre aux besoins des entreprises bretonnes, tout en offrant aux jeunes des métiers qui leur correspondent. « Ce type de formation convient souvent à des jeunes qui ont besoin de choses concrètes. Très vite, par lalternance, ils apprennent la culture de lentreprise, et deviennent aussi souvent plus vite mûrs que leurs homologues des filières traditionnelles », estime Christophe Levesque, le directeur de lIfac. Le fait de se voir en partie rémunérés pour la période de travail en entreprise* demeure également une belle source de motivation. Les taux de réussite de létablissement parlent dailleurs deux-mêmes : « Selon une enquête réalisée par la Région, environ 80 % de nos jeunes sont en emploi 18 mois après la sortie de lexamen. » Certes, tous ne bénéficient pas de contrats stables dès le départ, mais la formule de lapprentissage semble pourtant leur donner un avantage de départ certain : « Pour certaines entreprises, le recrutement dun apprenti revient finalement à celui de lun de leurs futurs salariés ». La réussite sexplique aussi tout bonnement par ladéquation inévitable qui existe entre la formation proposée et les réels besoins des entreprises : « Nous travaillons avec environ 3 000 entreprises, et il est bien évident que nous ne formons que par rapport à leurs besoins
Si ce nétait pas le cas, nous ne pourrions pas décrocher de contrats dapprentissage ! »
Aujourdhui, des secteurs comme la coiffure et lesthétique, ainsi que la pharmacie se portent plutôt bien, mais les entreprises peinent encore très largement à trouver les candidats ad hoc dans le domaine des métiers de bouche (notamment la boucherie et la charcuterie), et ceux de lhôtellerie. Des places restent également disponibles en Bac pro vente.
Fort de son savoir-faire en matière de formation initiale, lIfac est également doté dun institut de formation supérieure : Sup Ifac. Sur les trois formations en alternance qui y sont proposées (BTS management des unités commerciales, BTS négociations-relations clients et BTS assistante de direction), les places y demeurent dailleurs très « chères » : chaque année, environ 300 dossiers de candidature sont ainsi adressés à Sup Ifac, dont seulement 160 seront finalement retenus
Et là encore, les résultats obtenus justifient cet engouement : « 100 % de nos jeunes sont au travail à lissue de leur formation, notamment pour les BTS commerciaux. Le taux est de 80 % pour les assistantes de direction », précise Jeannine Le Quillec, la directrice de Sup Ifac.
E.J.
- En général, le rythme est de une semaine en école pour deux semaines en entreprise. Le programme reste par ailleurs le même que celui de lenseignement « classique », les examens aussi.
Un nouveau gymnase à la Brasserie
Cest sur la zone de la Brasserie que les apprentis de lIfac trouveront dici à la rentrée 2006-2007 un gymnase enfin adapté à leurs besoins. « Jusquici, nous devions nous contenter de lancienne chapelle de lécole, ainsi que de terrains de sport environnants », rappelle Christophe Levesque. Démarré en juin dernier, sur le site de lancienne brasserie de Lambézellec, le chantier de ce futur équipement est pour le moins original, puisquil prévoit un partage des lieux, et des financements. Les apprentis de lIfac lutiliseront sur leur temps scolaire, avant que les sportifs de la ville ne linvestissent, en soirée et les week-ends. Lensemble, qui comprendra un gymnase principal et un gymnase secondaire, une salle polyvalente, des bureaux et des locaux associatifs, est estimé à 3,7 millions deuros, financés à 45 % par la CCI et à 55 % par la ville.
Théâtre de lInstant, au cur de la création
Sur les hauteurs de Kérinou, les créations du théâtre de lInstant rythment la vie culturelle de la cité depuis près de 30 ans.
Les portes de lInstant ne souvrent grand que quelques semaines par an. Pourtant, tout au long de lannée, derrière la haute façade de la rue Robespierre, la famille du Théâtre de lInstant remet patiemment son métier sur louvrage, pour aboutir à une ou deux créations annuelles, qui partiront ensuite sur les routes de France et de Navarre
A Brest, le théâtre créé en 1977 par Bernard Lotti est comme une institution, un élément du décor créatif local en tout cas. « Quand nous avons monté lInstant, il y avait une demande très forte de la part du public pour une création locale. Nous nous inscrivions alors dans le jeune théâtre de lépoque », sourit celui qui est demeuré depuis à la barre de ce navire dont la route fût longtemps bohème. Très vite suivis par un public fidèle, les créateurs de lInstant ne rechignèrent à aucun spectacle, aucune salle.
Prochaine création le 15 novembre
Depuis 1992, la troupe a pourtant posé ses valises, enfin, dans lancien cinéma Le Sélect, sur les hauteurs de Kérinou. Aux tous débuts, cette salle maintes fois transformée ressemblait plus à un entrepôt quà une salle de spectacle
Il nempêche, les artistes y avaient enfin trouvé un toit pour imaginer les contours de leurs créations à venir. Un premier spectacle, Le Bastringue, donnera le « la » : propriété de la ville, le Sélect sera réaménagé en salle de théâtre, mais aussi et surtout de création. Car si les pièces de lInstant se jouent ici quelques semaines par an, le théâtre sert avant tout de repaire à linspiration des comédiens qui, aux côtés de Bernard Lotti, montent sans relâche de nouveaux projets artistiques. Soutenus par lEtat, la Région et la ville, les artistes de lInstant vont et viennent, dans une structure montée en société coopérative de travailleurs, où les mêmes têtes, tels Elisabeth Paugam ou Jean-Yves Gourvès, reviennent de scène en scène, mais où lon croise aussi des artistes issus dautres terreaux que celui du Ponant. La transmission fait également partie du quotidien, puisque lInstant est responsable de loption théâtre du bac L3 à Landerneau, et que ses intervenants officient également dans le cadre de la même option au lycée de lHarteloire.
Depuis ses débuts, lInstant fait le plein quand il ouvre sa scène au public. Même si la salle nest pas idéale, même si les places manquent
« Des projets, nous en avons eu, beaucoup. Mais la culture semble de moins en moins faire partie des priorités des politiques », soupire Bernard Lotti. Prochain défi : transformer la salle en une sorte de cabaret plus convivial que lactuel entrepôt agrémenté de fauteuils
« Vu que nous navons quun lieu, nous aimerions quil puisse se transformer à chaque spectacle. » A suivre donc.
En attendant, les Brestois auront très rapidement loccasion de reprendre le chemin de Lambézellec, puisque la nouvelle création de lInstant, Ombres de la pluie, se jouera sur la scène du théâtre du 15 novembre au 3 décembre. Une pièce qui sannonce comme un nouveau défi, puisque Bernard Lotti ne sest pas ici appuyé sur un texte, mais sur une idée, celle de lerrance dune femme, sans domicile fixe ou symbole de lhumanité tout entière
E.J.
« Ce quartier bouge car il a un potentiel pour bouger ! »
« Lambézellec est un quartier surprenant, un vrai bourg, avec lesprit qui va avec, et une réelle dynamique. Ce quartier fait bien sûr partie de la ville
Mais ici, lon est de Lambé, et lon va à Brest », pointe Nicole Quéguineur, directrice de lAgence du Crédit agricole du quartier. Cette professionnelle de la finance est bien placée pour en parler, puisquelle travaille chaque jour au cur même de Lambézellec, dans ce fameux bourg qui sert de point de repère à la vie du quartier. « Il nest quà passer le dimanche matin sur la place pour se rendre compte de la véritable vie qui règne ici. Il y la queue dans tous les commerces ! » Exerçant sur le quartier depuis maintenant trois ans, Nicole Quéguineur a appris à mieux connaître ses spécificités, et ses atouts : « Il y a bien sûr un bon nombre de personnes âgées, très attachées aux traditions dici, mais grâce aux nombreuses constructions de pavillons, le renouvellement se fait. Lambézellec fait partie de ces quartiers très demandés, où limmobilier se porte très bien, ce qui est un signe plutôt encourageant pour lavenir », rappelle-t-elle. Pas de quoi bien évidemment endiguer le phénomène de la raréfaction des petits commerces, même si lalimentaire se porte ici comme un charme : « Quand les commerçants sont là, ils font tout pour que ça marche. Et ce nest pas pour rien que beaucoup attirent une clientèle qui vient des autres quartiers de Brest ».
Et face au potentiel de zones restant à urbaniser, ajouté à une forte demande, Nicole Quéguineur ne peut que voir lavenir du quartier du bon côté de la médaille : « Ce quartier bouge parce quil a le potentiel pour bouger ! Il est bien positionné car un peu à lécart de la ville, tout en restant proche du centre de Brest. Et des commerces aux écoles en passant par les loisirs, les gens trouvent tout ici ! Or, cest cela que recherchent les candidats à la propriété sur Lambézellec : une vie de quartier dans laquelle sinvestir. »
E.J.